header_3.jpg

Les textes ci-dessous sont d'auteurs divers. Quand ceux-ci sont connus, leurs noms sont cités.

Histoire

A l'endroit où la route entre Vufflens-la-Ville et Gollion enjambe la Senoge, elle est surplombée par une petite colline boisée: le Châtelard. Il semble qu’à l’époque romaine cette colline ait servi de fortification. En effet elle est située sur le tracé de la route Lousona Urba qui, après Villars-Ste-Croix, passait probablement par l’actuelle ruelle de l’Arzillier, à Vufflens-la-Ville. Elle descendait ensuite jusqu’à la Venoge, où devait se trouver un passage à gué qui permettait de remonter vers Gollion et Cossonay. Ce point de passage existait sans doute depuis bien longtemps, mais nous n’en avons pas trouvé trace dans l’histoire du lieu.

Au temps des grandes invasions barbares qui détruisirent le monde romain, des peuplades burgondes s’établirent dans la région du bassin lémanique. C’est à cette époque que l’on peut faire remonter la première implantation humaine à Vufflens. A défaut de documents écrits, nous trouvons une confirmation de cette origine dans le nom du lieu. En effet, Vufflens tire sa racine du nom propre Wulfila (nom burgonde qui a donné en allemand Wolf: le loup) auquel s’est ajouté le suffixe ing signifiant les gens de... On peut donc penser que la tribu d’un WulfiIa se soit établie à Vufflens.

Il faut néanmoins attendre le XIe siècle pour trouver des sources écrites:
En 1011, afin d'assurer le repos de son âme, Rodolphe III roi de Bourgogne fit don au couvent de Romainmôtier de terres sises à Vufflens, dont 9 manses inaliénables. Le couvent y fit construire un prieuré. C'était en fait une exploitation agricole administrée par un mayor ainsi qu'une chapelle prieurale, au nord-est du village, dont on trouve une trace écrite en 1239.

Entre 1049 et 1109, Hadruinus de Ferreyres donna au couvent la moitié de l’église St-Etienne, à Vufflens. Le sire Uldric de Cossonay garantit au couvent de respecter la paix et la tranquillité de ses possessions

En 1223, Guillaume de Vufflens-la-Ville confirma l’héritage que son père, Raymond, léguait au couvent à condition que Jordane, femme de Guillaume jouisse de l’usufruit. Celle-ci épousa en secondes noces Henri de Chabie à qui elle donna un fils Jacques. En 1278, le prieur de Romainmôtier réclama à Jacques l’héritage de Raymond. Après diverses tractations, le couvent obtint son bien et Jacques de Chabie devenait son vassal pour un fief de 60 poses

En 1317, le bourgmestre de Cossonay, à qui les moines avaient vendu leurs terres de Vufflens, leur accorda le droit de les racheter pour la somme de 700 livres. Le couvent n’avait ainsi pas respecté la clause émise par Rodolphe III.

En 1350, un différend éclata entre la famille féodale de Vufflens-la-Ville, vassale du sire de Cossonay, et son suzerain au sujet de la juridiction. L’arrangement adopté réservait au sire de Cossonay le droit de punition et d’amendes alors que la famille de Vufflens-la-Ville devait rentrer en possession des biens confisqués.

Seize ans plus tard, un certain nombre d’habitants de Vufflens se placèrent sous la protection du prieur et en devinrent les hommes-lige.

En 1385 un conflit éclata entre le sire de Cossonay et le couvent de Romainmôtier à propos de la souveraineté et de la juridiction du village. Il fut finalement décidé de ne rien décider: les territoires du sire relèveraient de sa propre compétence et, de même, ceux du couvent relèveraient de la compétence de ce dernier. 

En 1429, Nycod de Chabie refusa de prêter hommage au prieur de Romainmôtier. Il estimait que, le couvent ayant vendu ses terres puis les ayant rachetées, il y avait prescription. Un compromis fut accepté aux termes duquel Nycod rendait l’hommage et le prieur lui donnait 80 florins.

Entre le XVe et le XVIe siècle, le fief de Jacques de Chabie s’était considérablement morcelé à la suite de partages et d’héritages. C’est pourquoi, le 25 mars 1580, le mari de l’unique héritière, Louise, vendit à l’ancien bourgmestre de Lausanne, Jean Rosset, le reste du fief de Chabie pour la somme de 90 écus. Le père de Jean Rosset, Guido, avait été notaire à Vufflens; il avait déjà racheté une grande partie des terres de ce fief. Entre 1580 et 1595, Jean allait d’ailleurs acquérir le reste. Aussi, le 20 mai 1594, LL. EE. donnèrent à son fils, Benjamin Rosset, la moyenne et basse juridiction à Vufflens. L’année suivante, en 1595, elles lui remirent le domaine du couvent, les bâtiments et le fonds de terre, à l’exception du fief. En 1599, le 2 mai, Benjamin Rosset prêta hommage à LL. EE. pour le fief de Chabie qu’il possédait alors entièrement.

Le 13 décembre 1629, Jean-Philippe Rosset, hérita de la seigneurie de Vufflens. En 1662, à la suite d’un échange LL. EE. lui inféodèrent le fief du couvent de Romainmôtier, celui du château de Cossonay, ainsi que la haute juridiction sur ses terres. Le mariage de Jean-Philippe Rosset avec une de Mestral peut fournir un élément d’explication à l’acquisition par cette famille de la seigneurie de Vufflens-la-Ville, à la fin du XVIIe siècle. Les de Mestral restèrent les suzerains de Vufflens jusqu’en 1798.

La commune de Vufflens-la-Ville fit partie du district de Cossonay et du cercle de Sullens jusqu'en 2006. Elle fait, depuis, partie du district du Gros-de-Vaud.

VUFFLENS-LA-VILLE, par Germain Hausmann

Situation: commune de Vufflens-Ia-Ville, district de Cossonay, canton de Vaud.
Diocèse: Lausanne.
Nom: obedicn Lia de Wolflcns (1096)1; prioratus nigrorum monachorurn:
Voulflens li Vila (1228)2.
1 ACVaud, C VII a 86; Charrière, Romainmolier, 96, n. 263. 2 Cartulaire de Lausanne, 19 n0 15k.

Patron: Pierre, PauI et Pancrace1.

ACVaud, C XV 14, n0 4355, XIIIe siècle, vers 1239; Cartulaire Rornainmôtier, 537—538; Benzerath, Kirchenpatron, 62; ACVaud, AC 5bis, p. 430.

Fondation: avant 1096.
Province: Alemannia et Lothoringia.
Qualité: prieuré simple.
Maison mère: Romainmôtier.
Suppression: seconde moitié du XIIIe siècle.

Le couvent de Romainmôtier possédait à Vufflens-la-Ville des biens provenant le plus souvent de dons faits au cours du XIe siècle: le 30 juillet 1011, Rodolphe III, roi de Bourgogne, lui céda neuf manses dans cette localité1. En 1041, un certain Alloldus lui abandonna toutes ses prétentions sur le même village2. En 1048—1109, Narduin de Ferrière lui remit la moitié de l’église paroissiale de saint Etienne3. Aussi, il se créa en ces lieux un petit monastère pour administrer ces possessions sises en dehors du territoire traditionnel du prieuré de Romainmôtier. Cet établissement existait déjà en 1096 lorsque Ulrich de Cossonay, après avoir donné l’église de Cossonay à Romainmôtier, promit de respecter cette donation comme il le faisait à l’égard de l’obédience de Vufflens4. Ce petit prieuré apparaît par la suite rarement dans la documentation. On connaît le nom de l’un de ses supérieurs en 12025. Le prieuré est encore cité en 1228 dans la liste des paroisses de l’évêché de Lausanne6. L’église du prieuré, consacrée aux saints Pierre, Paul et Pancrace, parut, elle, vers 12397. Ce prieuré disparut par la suite et ses biens furent aliénés par le prieur de Romainmôtier dès 12898. Ils ne furent rachetés qu’en 1317, puis définitivement en 13599

L’importance des biens dépendant de ce petit monastère n’est pas connue. A l’égal du petit prieuré de Bursins10, il devait s’agir d’un centre d’administration des possessions du couvent de Romainmôtier à Vufflens et dans les villages voisins de Mex VD, Aclens VD et de Villars-Sainte-Croix VD11.

Les bâtiments du prieuré, ainsi que l’église12, ont totalement disparus. Ils se situaient,. croit-on, au nord-est du village, au quartier du Martheray où une habitation s’appelle encore aujourd’hui la Maison des capucins13. D’autres estiment qu’ils se trouvaient plutôt au centre de la localité14. Cependant, en l’absence de fouilles archéologiques aucune preuve ne vient étayer ces hypothèses15.

1ACVaud, C VII a 30; Cartulaire Rornainmôtier, 428—429. 2 ACVaud, C VII a
52 deuxième partie. — 3 ACVaud, C VII a 78; Cartulaire Romainmôtier, 580—581
n0 4; Louis de Charrière, Les dynastes de Grandson jusqu'au XIIIème siècle, Lausanne 1866,
107—108 n0 25. - 4— ACVaud, C VII a 86, 1096; Charrière, Romainmôtier, 96, n. 263;
Charrière, Gossonay, 3—5, 255—256. 5 Cartulaire Romainmôtier, 557, 4.8. 1202 6 Cartulaire de Lausanne, 19 n° 15k, 15.9.1228. 7— ACVaud, C XV 14, n 4355,
vers 1239; Cartulaire Romainmôtier, 537—538. — 8 Charvin 1, 462, visite du 19.4. 1289. —9 ACVaud, C VII a 243, septembre 1317; AComRomainmôtier, Parchemins, n0 3, 27.4. 1359; n0 135, 27.4.1359; Cartulaire Romainmôtier, 636—637 n0 29; Charvin 3,507— 508, 10.4. 1358. 10 V. Bursins, Histoire. 11— D’après des reconnaissances du XIVe et du XVe siècle, ACVaud, C VII a 393, 9.2. 1368, Ff 13, 1428, Ff 33, 1530, Romainmôtier jouissait à Vufflens-la-Ville de toute juridiction sur ses hommes (v. aussi Cartutaire Romainmôtier, 655—660 n0 37), avait un four banal et la possibilité de construire un moulin sur la Venoge, percevait dîmes, terrages et cens. Ses sujets se partageaient en hommes liges et libres. En outre, un petit fief aux mains de la famille de Chabiez dépendait du monastère. Mex, distr. Cossonay, ct. Vaud; Aclens et Villars Sainte-Croix, distr. Morges, ct. Vaud. — 12 Le dernier prieur de Romainmôtier, Théodule de Riddes, se plaint en 1535 que le bailli de Cossonay «ast destruy une église qui estoyt riere le fiez de mond. seigneur» à Vufflens-la-Ville. Il doit s’agir de l’église du prieuré; AEFribourg, GS n0 381, vers 1535. — 13 Mottaz 2, 811. 14 Cuénot, Vufflens, 3. 15 Un christ en croix exposé actuellement dans l’église paroissiale de Vufflens-la-Ville, pourrait provenir du prieuré, cf. ACVaud, AMH, A 183/11, A 21869/3, lettre du conservateur du Musée du 13.2. 1961 qui date cette oeuvre du XIe siècle. Marcel Grandjean, dans Trésors d’art religieux en pays de Vaud, Lausanne 1982, 44 n0 13, semble prouver qu’il s’agit en fait d’une simple croix de carrefour du XVIe siècle.

Archives

Aucun document provenant des archives du prieuré de Vufflens n’est parvenu jusqu’à nous.

Armoiries

Blason de Vufflens-la-VilleLe blason tire son origine du désir de se distinguer des autres: comme individu, comme famille ou comme groupe. Cette distinction était très utile sur les champs de bataille où les soldats pouvaient reconnaître leur chef. Très tôt, la symbolique intervint dans les blasons. Les religions, également, utilisèrent des signes de reconnaissance entre adeptes. Qu’on songe au poisson des premiers chrétiens et au croissant de lune de l’Islam.

Le blason entrant de plus en plus dans les habitudes de la vie civile, une vraie science de l’héraldique se constitua au Moyen-Âge. Les villes avaient déjà établi leurs armoiries. En Suisse, les hommes libres exerçant de plus en plus souvent des fonctions civiles se créèrent des sceaux pour attester leur signature. De personnels d’abord, les emblèmes choisis devinrent rapidement ceux de la famille et de la lignée. Dans les familles nobles, l’aîné seul héritait des armoiries paternelles. Chez les bourgeois elles étaient transmises à celui des enfants qui héritait de la maison dans laquelle le père avait établi sa résidence.

Après la Révolution de 1789, des extrémistes voulurent détruire tous les emblèmes qui rappelaient la féodalité, en particulier les blasons. Une commission helvétique proposa même, vers 1798, d’abattre tous les anciens emblèmes qui se trouvaient dans les salles et places publiques, les églises et les maisons, car trop représentatifs de l’Ancien Régime. Elle proposa en outre d’interdire à tout citoyen de se servir d’un cachet portant ses ci-devant armoiries. Grâce à de solides oppositions, notamment des Beaux-Arts, ces propositions tombèrent dans l’oubli. Il y eut quand même quelques martelages regrettables.

Le 19e siècle manifesta peu d’intérêt pour l’héraldique. Mais au début du 20e l’intérêt allait renaître, surtout dans le domaine des armoiries communales. Entre 1902 et 1920, le Calendrier héraldique vaudois raviva les armoiries communales. Les communes se mirent en quête des leurs, et en créèrent même, quand elles n’en trouvaient pas. Craignant des erreurs ou des fautes de goût, une commission des armoiries communales, rattachée aux archives cantonales, fut créée en 1920. L’Armorial de communes vaudoises parut entre 1922 et 1930. La liste officielle des armoiries des communes fut définitivement adoptée en 1970. Les armoiries de Vufflens-la-Ville datent de 1919.

Maison Duperrut

(Grand-Rue 38)

Panneau armorial composé de 3 blasons portant les aunes de l’alliance Rosset - Praroman - Bonstetten.

Le blason central est celui de la famille Rosset : "D’azur au coeur d’argent accompagné de trois étoiles d’argent écartelé de Bachiez, d’azur au chevron d’argent accompagné de trois roses d’or." Jean Rosset avait en effet épousé une Bachiez d’Yverdon.

Le blason de gauche est celui de la famille Praroman, de souche fribourgeoise : " Dauphin décharné d’argent".

Le blason de droite est celui de la famille Bonstetten, originaire d’Argovie : "De sable trois fuseaux d’argent à la brochure d’or ".

On peut avancer sans grand risque d’erreur que ces armoiries datent du début du 17e. En effet le fief de Vufflens-la-Ville fut racheté aux héritiers de Jacques de Chabie par Jean Rosset, ancien bourgmestre de Lausanne, le 25 mars 1580 pour la somme de 90 écus. Guido Rosset, père de Jean, avait été notaire à Vufflens où il avait déjà racheté une grande partie du fief des Chabie. Benjamin, fils de Jean agrandit encore ses possessions à Vufflens et reçut de LL.EE. de Berne le droit de moyenne et basse juridiction le 24 mai 1594. Jean-Philippe Rosset qui hérita de son père le 13 décembre 1629, avait épousé une de Mestral.

Armoiries de Vufflens-la-Ville

Comme on l’a vu, elles datent de 1919 et présentent par leur symbolique un intérêt historique certain (cf colonne de droite).

Le fond de l’écusson portant l’épée et la clé est celui de Romainmôtier, mais les couleurs en sont inversées. Cela rappelle qu'en 1011 Rodolphe III, roi de Bourgogne, a fait don de Vufflens-la-Ville à l’abbaye de Romainmôtier. Le couvent y fit construire un prieuré et une chapelle.

L’épée représentait le pouvoir judiciaire, alors que la clé dénotait le pouvoir spirituel de l’abbé. Les couleurs, le rouge et le blanc, sont celles des Habsbourg, auxquels la région de Lausanne étaient rattachée.

La barre d’azur indique qu’un cours d’eau, la Venoge, traverse la commune et le lion est celui de la famille de Chabie qui possédait un fief en 1223 déjà. Morcelé au cours des siècles, ce qui restait de ce fief fut vendu le 25 mars 1580 à Jean Rosset, ancien bourgmestre de Lausanne et fils de Guido, notaire à Vufflens.

Évolution de la démographie (chiffres au 31 décembre)

Année  1980 1992  1997 1998  1999  2000  2001  2002  2003 
Population  747 1015  1025  1023  999  996  996 985  1032 
                   
Année 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Population 1071 1082 1070 1101 1140 1127 1143 1164

1183

                 

 

Année 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020

2021

Population

1221

 1226 1216 1252         

 

Évolution du nom

On peut suivre l’évolution du nom de Vufflens d’après la trace qu’il laisse dans les documents écrits.

Le nom d’origine burgonde devient :

Vuolflinges en 1002
Volflens en 1109
Vulflens en 1154
Wolflens li uila en 1228
Wolflens la vila en 1233
Voufflens la ville en 1453.

© 2017 Commune de Vufflens-la-ville